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Les mots originaux de la Bible, en grec et en hébreu : leur translittération, leur sens profond et leur usage.
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Les objets du culte et les symboles de la Bible — du tabernacle à la croix — et ce qu’ils nous enseignent aujourd’hui.
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Translittération : adonaï. Il signifie « mon Seigneur » et désigne Dieu comme le Maître souverain. Les lecteurs juifs le prononcent à la place du nom sacré de quatre lettres (le Tétragramme), par révérence pour le Nom révélé à Moïse.
📖 Ésaïe 6:1 · Genèse 15:2
Translittération : agapè. C'est l'amour qui se donne sans attendre en retour : l'amour même de Dieu pour les hommes, et l'amour désintéressé que le croyant est appelé à vivre envers son prochain. Le Nouveau Testament en fait la plus grande des vertus : « Dieu est amour. »
Translittération : alètheia. C'est la vérité : non une idée abstraite, mais la réalité telle que Dieu la révèle. Jésus va jusqu'à s'identifier à elle : « Je suis le chemin, la vérité, et la vie », et il promet : « La vérité vous affranchira. »
Translittération : amen. Il signifie « c'est vrai, qu'il en soit ainsi ! », de la même racine que la fidélité (emouna). Le peuple répondait « Amen ! » aux paroles de Dieu ; Jésus l'emploie solennellement, et l'Apocalypse se ferme sur ce mot : « Amen ! Viens, Seigneur Jésus ! »
Translittération : apostolos. Il signifie envoyé, messager chargé d'une mission par celui qui l'envoie. Il désigne les douze apôtres choisis par Jésus, témoins de sa résurrection, puis Paul, « apôtre des nations ».
Translittération : baptizô. Il signifie immerger, plonger entièrement dans l'eau. Le baptême chrétien y puise son image : le croyant est enseveli avec Christ et ressuscite avec lui pour une vie nouvelle.
Translittération : beraka. C'est la bénédiction : la parole et l'action par lesquelles Dieu communique sa faveur et sa vie. Tout commence avec Abraham : « Je te bénirai… et tu seras une source de bénédiction (beraka). »
Translittération : berith. C'est l'alliance : l'engagement solennel par lequel Dieu se lie à l'homme, de Noé à Abraham, de Moïse à la nouvelle alliance promise par Jérémie et accomplie dans le sang du Christ.
Translittération : charis. C'est la grâce : la faveur imméritée de Dieu, son don gratuit qui sauve. « C'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi… c'est le don de Dieu. »
Translittération : christos. Il signifie « Oint » : c'est la traduction grecque de l'hébreu Mashiah, le Messie. Jésus est le Christ, l'Oint promis, consacré par le Saint-Esprit comme Roi, Prêtre et Prophète pour accomplir le salut.
Translittération : dabar. Il signifie parole, mais aussi chose et événement : en hébreu, la parole de Dieu agit et accomplit ce qu'elle dit. « Ma parole… ne retourne point à moi sans effet » : le dabar est une parole créatrice et fidèle.
Translittération : diakonia. C'est le service humble, le ministère exercé comme un serviteur à la table. Jésus en donne l'exemple suprême : « Le Fils de l'homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie comme la rançon de plusieurs. »
Translittération : dikaiosynè. C'est la justice de Dieu : sa droiture parfaite, mais aussi le statut de juste qu'il accorde gratuitement au pécheur qui croit. C'est le cœur de la lettre aux Romains : le juste vivra par la foi.
Translittération : doxa. C'est la gloire : l'éclat, l'honneur et la majesté de Dieu révélés. Jean contemple cette gloire dans le Christ fait chair ; l'homme, créé pour la refléter, en est privé par le péché, mais la retrouve en Jésus.
Translittération : dynamis. C'est la puissance en action — le mot a donné « dynamite ». Le Saint-Esprit descend avec dynamis sur les témoins du Christ, et l'Évangile lui-même est « une puissance de Dieu pour le salut ».
Translittération : eirènè. C'est la paix, traduction grecque du shalom hébreu : plénitude, réconciliation avec Dieu et repos du cœur. Jésus la donne autrement que le monde : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. »
Translittération : ekklèsia. Il signifie assemblée convoquée, appelée hors du monde pour appartenir à Dieu. C'est le mot traduit par « Église » : non un bâtiment, mais le peuple rassemblé par le Christ, qui a promis : « Je bâtirai mon Église. »
Translittération : elohim. C'est le premier nom de Dieu dans la Bible : « Au commencement, Dieu (Elohim) créa les cieux et la terre. » Sa forme est un pluriel de majesté, alors que le verbe reste au singulier : Dieu est un, et sa grandeur dépasse nos mots.
Translittération : elpis. C'est l'espérance chrétienne : non un souhait incertain, mais une attente confiante et sûre, fondée sur les promesses de Dieu. Paul la compare à une ancre de l'âme, solide et ferme.
Translittération : emouna. C'est la fidélité, la fermeté inébranlable — d'abord celle de Dieu envers ses promesses, puis la confiance stable de l'homme en lui. « Le juste vivra par sa fidélité (emouna) » : la parole d'Habacuc traversera toute la Bible.
Translittération : euangelion. Il signifie bonne nouvelle — à l'origine, l'annonce d'une victoire ou de l'avènement d'un roi. C'est le mot traduit par « Évangile » : la bonne nouvelle du salut en Jésus-Christ, « une puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit ».
📖 Marc 1:1 · Romains 1:16
Translittération : hallelouya. C'est un cri de louange : « Louez l'Éternel ! », formé de hallelou (louez) et de Yah (l'Éternel). Il conclut plusieurs psaumes, couronne le Psaume 150, et éclate dans le ciel de l'Apocalypse autour du trône.
Translittération : hamartia. C'est le péché. À l'origine, le mot vient du tir à l'arc et signifie « manquer la cible » : l'homme manque le but pour lequel Dieu l'a créé. « Tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu. »
Translittération : hèsed. C'est la bonté fidèle de Dieu, son amour d'alliance qui ne lâche jamais les siens : à la fois miséricorde, loyauté et tendresse durable. Le Psaume 136 le répète comme un refrain : « Car sa miséricorde (hèsed) dure à toujours ! »
Translittération : hodos. Il signifie chemin, route, voie. Jésus se présente ainsi : « Je suis le chemin » ; et les premiers chrétiens étaient si identifiés à sa voie qu'on les appelait simplement les disciples de « la Voie ».
Translittération : kadosh. Il signifie saint : mis à part, séparé du profane pour appartenir à Dieu. Le mot retentit dans la vision d'Ésaïe — « Saint, saint, saint » — et fonde l'appel adressé au peuple : « Vous serez saints, car je suis saint. »
Translittération : kavod. Il signifie gloire, mais son sens premier est le poids : ce qui a de la valeur et de la dignité. La gloire (kavod) de l'Éternel remplit le tabernacle et le temple, et le ciel entier proclame : « Saint, saint, saint est l'Éternel des armées ! »
📖 Ésaïe 6:3 · Exode 33:18
Translittération : kèrygma. C'est la proclamation publique du héraut, le message annoncé avec autorité au nom du roi. Paul l'emploie pour la prédication de la croix : Dieu a choisi « la folie de la prédication » pour sauver ceux qui croient.
Translittération : koinônia. C'est la communion : un partage réel de vie, de biens et de foi entre les croyants et avec Dieu. La première Église « persévérait dans l'enseignement des apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain, et dans les prières ».
Translittération : kyrios. Il signifie Seigneur, maître, souverain. Dans la Bible grecque des Septante, il traduit le nom de l'Éternel ; le Nouveau Testament l'applique à Jésus ressuscité. Confesser « Jésus est Seigneur » est la plus ancienne confession de foi de l'Église.
Translittération : logos. Il signifie parole, discours, raison. Jean ouvre son Évangile en nommant ainsi le Christ éternel : le Verbe (Logos) qui était auprès de Dieu, qui était Dieu, et qui s'est fait chair pour habiter parmi nous.
Translittération : makarios. Il signifie heureux, béni, favorisé de Dieu. C'est le premier mot du Sermon sur la montagne : « Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux ! » Le bonheur selon Dieu ne dépend pas des circonstances.
Translittération : martyria. C'est le témoignage rendu devant tous. Le mot « martyr » en vient : le témoin (martys) qui reste fidèle jusqu'à la mort. Jésus promet à ses disciples : « Vous serez mes témoins… jusqu'aux extrémités de la terre. »
Translittération : mashiah. Il signifie « oint » : le roi ou le prêtre consacré par l'onction d'huile. Il devient le titre du Sauveur promis, le Messie, que le Nouveau Testament reconnaît en Jésus — Christos en grec.
Translittération : metanoia. C'est la repentance : un changement complet de pensée qui produit un changement de direction dans la vie. C'est le premier appel de l'Évangile : « Repentez-vous, et croyez à la bonne nouvelle. »
📖 Marc 1:15 · Actes 2:38
Translittération : nèphèsh. Il désigne l'être vivant tout entier — âme, vie, personne. Dieu souffla dans l'homme une respiration de vie, « et l'homme devint un être vivant (nèphèsh) » ; l'alliance demande d'aimer Dieu « de toute ton âme ».
Translittération : paraklètos. Il signifie celui qui est appelé aux côtés : consolateur, défenseur, avocat. Jésus nomme ainsi le Saint-Esprit, envoyé pour demeurer éternellement avec les croyants ; Jean appelle aussi Jésus lui-même notre Paraklètos auprès du Père.
📖 Jean 14:16 · 1 Jean 2:1
Translittération : phôs. C'est la lumière. Dieu l'avait créée le premier jour ; Jean voit en Jésus la lumière véritable qui éclaire tout homme, et les disciples deviennent à leur tour « la lumière du monde ».
Translittération : pistis. C'est la foi : confiance totale en Dieu, mais aussi fidélité de celui qui croit. « Or la foi est une ferme assurance des choses qu'on espère, une démonstration de celles qu'on ne voit pas. »
Translittération : pneuma. Il signifie souffle, vent et esprit. Il désigne le Saint-Esprit, mais aussi l'esprit de l'homme. Jésus joue sur ce double sens devant Nicodème : « Le vent souffle où il veut… il en est ainsi de tout homme qui est né de l'Esprit. »
Translittération : prophètès. C'est le porte-parole de Dieu : littéralement, celui qui parle de la part d'un autre. Le prophète annonce la parole reçue, dénonce le mal, console le peuple et prépare les voies du Seigneur.
Translittération : rhèma. C'est la parole prononcée, la parole vivante que Dieu adresse et que l'on reçoit par l'écoute, par opposition au texte considéré en général. « La foi vient de ce qu'on entend, et ce qu'on entend vient de la parole (rhèma) de Dieu » ; Paul appelle aussi rhèma « l'épée de l'Esprit ».
Translittération : rouah. Il signifie souffle, vent et esprit. C'est le rouah de Dieu qui planait sur les eaux à la création et qui donne la vie à toute créature ; il désigne le Saint-Esprit qui remplit, guide et renouvelle le peuple de Dieu.
Translittération : shabbat. Il signifie repos, cessation. Dieu se reposa le septième jour de son œuvre créatrice et bénit ce jour ; le sabbat devient pour Israël un signe d'alliance et, pour tous, l'annonce du repos éternel auprès de Dieu.
📖 Genèse 2:2 · Exode 20:8
Translittération : shalom. Bien plus que l'absence de guerre : c'est la plénitude, le bien-être complet, la prospérité et la réconciliation. Il sert de salutation et de bénédiction : « Que l'Éternel te bénisse… et qu'il t'accorde la paix (shalom) ! »
Translittération : shema. C'est le premier mot de la grande confession d'Israël : « Écoute (Shema), Israël ! L'Éternel, notre Dieu, est le seul Éternel. » En hébreu, écouter n'est pas seulement entendre : c'est comprendre, croire et obéir.
Translittération : sôtèria. C'est le salut dans toute son ampleur : délivrance du danger, guérison, et surtout délivrance du péché et de la mort. Zachée l'entend de la bouche de Jésus : « Aujourd'hui le salut est entré dans cette maison. »
Translittération : tehilla. C'est la louange chantée, le chant de gloire offert à Dieu. Le livre des Psaumes porte en hébreu le nom de Tehillim, « les Louanges » : toute la vie du peuple de Dieu y devient un chant.
Translittération : torah. Il signifie instruction, enseignement, direction — et désigne la Loi donnée par Moïse, puis par extension les Écritures. Le juste « prend plaisir à la loi (torah) de l'Éternel, et la médite jour et nuit ».
📖 Psaumes 1:2 · Josué 1:8
Translittération : tsedaka. C'est la justice vécue : droiture devant Dieu, équité envers les hommes et générosité envers les pauvres. C'est ce mot qui dit d'Abraham : « Il eut confiance en l'Éternel, qui le lui imputa à justice (tsedaka). »
Translittération : zôè. C'est la vie dans sa plénitude, la vie même de Dieu, par opposition à bios, la simple existence biologique. Jésus est venu pour que ses brebis « aient la vie, et qu'elles soient dans l'abondance » ; la vie éternelle, c'est connaître Dieu.
📖 Jean 10:10 · Jean 17:3
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Fiches originales rédigées pour le ministère de l’Évangéliste Pierre-Makenson Elysée. Les références ouvrent le chapitre complet dans le lecteur biblique (Louis Segond 1910).